Histoire de l’hypnose

C'est au 18 ème siècle avec Mesmer que commence l'histoire de l'hypnose. Une évolution terminologique et pratique constante fera passer de la crise mesmérique à l’hypnose telle que nous l’entendons aujourd’hui : jusqu’à la fin du 19 ème siècle les mots magnétisme et hypnotisme sont pratiquement synonymes. Illustration de ce polysémantisme le livre publié par Binet et Féré en 1887, livre écrit à la Salpêtrière par des collaborateurs du Professeur Charcot, qui traite de l’hypnotisme tel que pratiqué à cet endroit, et dont le titre est : «Le magnétisme animal».

 

Repères : 

 

 

 

C’est avec Mesmer, médecin Viennois venu à Paris à la fin du 18ème siècle, que pour la première fois dans l’histoire de la médecine occidentale des médecins vont chercher à provoquer et à utiliser les états et des conduites autrefois interprétés comme surnaturels

 

Mesmer parle d’un état de «crise magnétique», la crise est induite par l’administration d’un fluide par le magnétiseur. La crise est le moment thérapeutique, le moment où les blocages internes cèdent grâce à l’intervention magnétique.

 

 

 

A cette époque, le père Gassner, exorciste célèbre, soigne de nombreux patients en pratiquant des exorcismes : inductions verbales visant à provoquer la sortie des démons responsables de la maladie – démons se manifestants par des conduites d’agitation et des modifications du niveau de conscience.

 

 

 

La théorie du magnétisme animal offre donc une alternative physique à ces conceptions religieuses. Il devient ainsi possible d’aborder et de provoquer d’une façon technique des changements de conduite et de fonctionnement psychique autrefois attribués à l’action d’entités spirituelles.

 

 

 

Le «fluide» ou encore le «magnétisme animal» (en opposition au magnétisme minéral) dont Mesmer faisait le pivot de sa pratique nouvelle pouvait être condensé et redistribué de façon thérapeutique par le magnétiseur. A cette fin il disposait de ses propres ressources mais aussi de différents objets tels : la baguette, les mains, et surtout le «baquet» conçu comme un accumulateur susceptible d’emmagasiner des quantités importantes de cet agent.

 

 

 

La maladie était conçue comme un blocage du corps à la circulation du fluide. Le retour à la santé supposait la levée de ce ou de ces blocages. La crise et son agitation spectaculaire correspondait au moment clé où le fluide administré par le magnétiseur allait permettre de forcer ces blocages internes.

 

 

 

Les conduites d’agitation ne sont pas les seules observées pendant la transe. Le marquis de Puységur, disciple de Mesmer, va mettre en évidence la capacité de certains sujets magnétisés à agir et à communiquer pendant l’état magnétique. Les sujets lorsqu’ils sont dans cet état peuvent communiquer verbalement avec le magnétiseur, ils sont apparemment de plus capables d’accéder à des capacités et des connaissances accrues, cet état est désigné comme «sommeil lucide». Cette interaction verbale somnambule-magnétiseur inaugure la démarche psychothérapique (cf Ellenberger, Chertok) .

 

 

 

La pratique de Puységur se prolongera après la révolution et pendant une partie du XIX ème siècle.

 

 

 

Ainsi commença l’histoire de l’hypnose elle est marquée par un essor extrêmement rapide. Le magnétisme intéresse les français quelque soit leur couche sociale. En ce qui concerne les médecins, nombreux sont ceux qui vont adopter cette pratique comme en témoigne l’historien J.-P. Peter. Cet engouement conduit d’ailleurs les autorités médicales à demander une expertise de cette pratique. Deux commissions seront nommées qui après examen de la pratique magnétique contesteront la réalité physique du fluide tout en reconnaissant la réalité des effets thérapeutiques observés. En 1784, c’est à dire 5 ans après l’arrivée de Mesmer en France, la pratique magnétique sera interdite aux médecins sur la base d’un rapport secret remis au Roi mettant l’accent sur les risques d’épidémie sociale et les dangers pour les moeurs.

 

 

 

Sources : centre de formation français d'hypnose 

 

Références : 

 

BARRUCAND,D.(1967).-Histoire de l’hypnose en France. Paris: P.U.F.

 

CHERTOK,L., de SAUSSURE, R.(1973).-Naissance du psychanalyste: de Mesmer à Freud, Paris: Payot.

 

DARNTON,R.(1968).-La fin des lumières: Le mesmérisme et la révolution. Paris:Perrin,1984.

 

ELLENBERGER,H.,F. (1970).-A la découverte de l’inconscient: histoire de la psychiatrie dynamique. Villeurbanne: Simep, 1974.

 

MICHAUX,D.(1986).-Le Magnétisme Animal: Constitution d’un phénomène et de sa représentation, Bulletin de la Société Française d’Hypnose, n2-3, 361-403.

 

MICHAUX,D.(1987).-Les sources du magnétisme: le magnétiseur psychologue ou sorcier?, Journal de la Société Française d’Hypnose: Actes de la Journée du 27 Septembre 1986: « Du Magnétisme à l’Hypnose », 2 , 39-49.

 

MICHAUX,D.(1991).-L’émergence de la phénoménologie hypnotique au XVIII siècle. In Bougnoux,D.-La suggestion : hypnose, influence, transe, Colloque de Cerisy. Paris : Delagrange.

 

PETER,J.-P.(1978).-Un intermédiaire mal perçu: Frfanz Anton Mesmer (1734-1815), Médecin trop guérisseur, guérisseur trop médecin. Les Intermédiaires culturels, Actes du Colloque du centre méridionale d’histoire sociale des mentalités et des cultures. Aix:Université de Provence.

 

RAUSKY,F.(1977).-Mesmer ou la révolution thérapeutique. Paris:Payot.

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0